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Il en faut de la force pour vivre ou simplement survivre.
Alors comment apprécier notre force, nos forces ? Notre ressenti, ce qui émerge, ce qui monte à notre conscience, n’est qu’une “faible” partie de nos potentialités.
Cette partie visible, ce “plus” est toutefois ce qui nous conforte, qui procure joie de vivre, de créer, d’élaborer et de réaliser des projets. Ce “plus” est indispensable à notre dignité car il donne l’entrain nécessaire pour être partie prenante et responsable, critique donc s’il le faut, dans ce que nous entreprenons, ce pour quoi nous luttons.
Force, Amour, Raison permettront que Révolte et Respect puissent s’accorder, se fortifier mutuellement ↑.
La force – la mienne, la vôtre, la tienne, la nôtre – permet de résister à la loi des soi-disants plus forts, qui entretiennent les peurs et faiblesses des humains, pour mieux en profiter. Ces substituts caricaturaux de la force : désir de richesse ou volonté de séduire, discours démagogiques ou lénifiants, conformistes ou pompeux, sécuritaires ou populistes, frime au volant ou étalage des conquêtes… trahissent un vide intérieur, une peur devant le monde, les autres, la vie, la mort.
Mais la conscience de nos limites devrait-elle nous enfermer dans la médiocrité, brider notre vitalité, nos énergies individuelles et collectives ? « La plus grande force dont puisse disposer l’humanité est la non-violence. Elle est plus puissante que la plus puissante des armes de destruction élaborées par l’intelligence de l’homme » ↑.
Que la force soit avec toi !
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Dans un monde exagérement procédurier et formaliste, en même temps que sans scrupules et au cynisme omniprésent, qui méprise les losers et se repaît de platitudes… dans un tel monde la gentillesse apparaît comme une incongruité, le produit d’un rêve nostalgique ou utopique, au mieux le thème vite oublié d’une journée ↑.
Pour trouver sa place dans notre société, notamment un emploi, il convient d’exposer ses qualités… dont la gentillesse, n’est-ce pas ? Erreur ! La psychologue responsable d’un bilan de compétences me répliqua vivement : « Ne dites surtout pas que vous êtes gentil ! »
Je m’insurge contre ce conformisme qui exige de nous de ne pas avoir d’états d’âme et qui nous rend à la fois impitoyables pour écraser le concurrent et hypocritement mielleux pour séduire l’employeur ou le client potentiel.
De fait, la gentillesse n’a pas la vie facile. Pour en rester sur la lettre “g”, la générosité est certes appréciée mais souvent exploitée ↑, la gratitude rarement spontanée, la gratuité est passée de mode et l’invoquer apparaît « comme une invitation à la dissidence » ↑.
Face à l’agressivité et autres violences, – par exemple quand on vous tabasse, qu’on incendie votre voiture, ou pire, qu’on détruit votre avenir professionnel et familial –, il n’est pas toujours aisé d’offrir le pardon et de renoncer à la vengeance. Il serait toutefois stupide d’adopter des méthodes bêtes et méchantes auxquelles la ruse, l’appât du gain ou du pouvoir donnent un vernis de respectabilité.
Quelqu’un, dont la parole porte depuis vingt siècles, nous invite encore et toujours à renoncer à la loi du talion et à « aimer nos ennemis » ↑. Il y a plus d’un siècle, une femme libre-penseuse, la première à recevoir le prix Nobel de la Paix, écrivait que « l’avenir appartient à la gentillesse » ↑.
Die Zukunft gehört der Güte.
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Quand on évoque l’humilité, on pense mépris de soi, auto-humiliation, abjection. Pourtant, c’est l’humilité qui permet d’avancer, de recommencer, d’apprendre, de s’entraîner. C’est elle qui peu à peu nous permet de parler sans rougir, d’écouter sans juger. C’est finalement l’humilité qui est la vraie magnanimité et persévérance du sportif, du chercheur, de l’artiste, du bienfaiteur, de tout travailleur.
Elle refuse d’exercer ou de subir toute domination ; elle rejette fortement et intelligemment toute manipulation et tout asservissement. Unir sans confondre, distinguer sans séparer, déconstruire chaque idole (personne, chose, idéologie) : c’est une œuvre de dignité et d’humilité, autrement dit, de justice et de vérité.
L’humble vérité ne s’impose pas mais elle rend libre en aidant à sortir de l’humiliation chaque personne, chaque être vivant. L’humilité véritable unit les différences pour contrer le retour des obscurantismes, le dogmatisme des slogans, le diktat des médiocrités, les lois des plus forts.
Pour fuir la réalité, pour se créer une personnalité ou une identité, trop d’humains oublient leurs dignités et limites. Nous abandonnons ou pervertissons notre rationalité pour ne retenir de notre animalité que le marquage et les disputes de territoires, la constitution des hiérarchies, la distinction entre dominants et dominés.
Pas d’esclaves ni de maîtres, pas de murs ni de censure, mais sobriété, connaissance, fraternité : voilà ce à quoi aspire et aboutit (en partie) la noble humilité.
L’homme n’est qu’un roseau… mais c’est un roseau pensant.
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« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » ↑. Ce principe est inaliénable et il s’agit de le défendre car il ne cesse d’être détourné, bafoué ou attaqué. Mais pour mieux le défendre, il s’agit d’abord de le comprendre intelligemment. Car si « tous les êtres sont universellement égaux », ils sont tous aussi « particulièrement différents » ↑. Très vite et à l’évidence, les humains se révèlent bien dissemblables dans leur capacités d’exercer leur raison et leur conscience.
Dernière dans notre ordre alphabétique FGHI, l’intelligence ne pose apparemment pas autant de problèmes que la force, la gentillesse ou l’humilité pour être reconnue comme valeur positive. Elle risque cependant d’être idolâtrée, de devenir hautaine ou égoïste quand elle est disjointe de l’humilité ou de la gentillesse. Sans force ni constance, l’intelligence n’ira guère au-delà du rêve éveillé et du verbiage inefficace.
Doit-on l’apprécier par l’intuition ou la mesurer en termes de quotient ? Tâchons déjà de ne pas réduire les belles perspectives de nos intelligences diverses, qui peuvent être sommairement résumées en « intelligence logique, sociale, musicale, manuelle et culturelle » ↑. Certains théoriciens en distinguent des formes plus nombreuses encore ↑ : de quoi chercher, deviner, découvrir, s’estimer réciproquement, s’entraider mutuellement dans une fraternelle émulation…
All Different – All Equal
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Des échanges de vive voix ou des courriers électroniques reçus, particulièrement depuis l’automne 2011, m’incitent à me positionner clairement et donc à exposer, ne serait-ce que de manière imparfaite, mes principes ou idées-force… qui veulent être aussi idées-gentillesse, idées-humilité, idées-intelligence.
En effet, je sais d’expérience et je suis convaincu que le bonheur personnel ainsi que le bonheur global et universel — pour autant qu’ils soient réalisables — ne peuvent exister que dans et par la Force, la Gentillesse, l’Humilité, l’Intelligence de chacune et de chacun, de toutes et de tous. Il s’agit de casser les fatalismes, de dépasser les apparences, de transcender les contradictions, afin de conjuguer et d’harmoniser ces vertus individuelles et collectives.
En bref, F ∧ G ∧ H ∧ I ⇒ J :
Que Force, Gentillesse, Humilité, Intelligence nous fassent (re)découvrir la Joie et nous y conduisent !
Cordialement et joyeusement,
Christophe Sobottka
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